les monos en colère

Friday, August 18, 2006

Après avoir essuyé le peu d'intérêt de la part de certains journalistes et les diverses mises en garde sur la polémique que pourrait susciter mes propos, voici un nouvel exemple de toute l'objectivité que les médias illustre avec hypocrisie.
Contacté par un de mes collègues, lui même sensibilisé par mon blog, ce dernier me fit part d'une anecdote assez coquasse. L'année dernière, en pleine polémique sur les radars fixes déteriorés, RMC invita comme à l'accoutumé, ses auditeurs à participer au débat. Et qu'ont-ils trouvé de mieux pour approfondir le sujet, accorder une interview à un moniteur qui vantait ses expéditions punitives contre les radars. Inutile de préciser combien le sérieux de la profession en a pris un coup. Cela se passait lors de l'émission de Jean-Jacques BOURDIN. Cela était il vraiment nécessaire d'accorder l'antenne à un tel individu, cela doit il permettre aux auditeurs de se positionner quant à l'utilité des radars. La réponse est non bien sur. Seulement, comme pour la télé, la radio est elle aussi soumise au sensationnel, aux déclarations loufoques et ce pour augmenter leure part d'audience. Bien entendu j'écoute moi même RMC et j'ai à plusieurs reprises voulu intervenir pour faire part des difficultés de mon métier mais forcé de constater que je ne constitue pas un centre d'intérêt suffisant pour régaller les oreilles avides de philosophie de comptoirs et autres brèves paillardes.
Nous en sommes venus, mon collègue et moi, à la même conclusion. La sécurité routière n'intéresse les gens que dans la mesure où l'on parle argent ou répression. La France est à la traine et sa tribune médiatique emploie la langue de bois.

Thursday, August 10, 2006


J'ai reçu un message d'un visiteur qui me faisait part de sa satisfaction à exercer son métier de moniteur. Je vais donc lui répondre ouvertement sur mon blog. Les propos que je diffuse sur le milieu des auto-écoles ne sont en rien un acte de vengeance ou un sentiment d'aigreur vis à vis d'un patron en particulier. Actuellement je travaille au sein d'un établissement relativement agréable, je m'y sens bien et la structure me semble honnête. Cependant, je ne peux nier l'opacité et la difficulté à faire valoir notre profession auprès des responsables pédagogiques mais aussi de l'état. Tu ne peux contester le fait que plus de la moitié des moniteurs sont sous payés, pour un maximum d'heures de travail. Je pense qu'il est judicieux de ma part de dénoncer ce système visant à rentabiliser à l'extrême en enchainant les leçons de conduite, alors que la fatigue se fera automatiquement ressentir au bout de 5 ou 6 heures d'affilés, peux-tu réellement assurer ta sécurité et donc celle de l'élève. Qu'en est-il de tes réflexes et de ton anticipation à ce stade là. Quelle est d'après la convention collective du métier la base minimum d'un salaire de moniteur ? à peine 1000 euros et des poussières tout au plus ! Pourquoi ne pas bénéficier d'une prime de risque, si ton élève te pile sur le frein en pleine voies rapides avec un 38t collé (comme c'est souvent le cas d'ailleurs) à tes fesses, que peux-tu faire concrètement ? Rien! As-tu pensé à ton évolution de carrière, sache que pour passer des mentions pour enseigner autre chose que la voiture la plupart du temps la formation sera à ta charge. Penses tu qu'il est normal que par exemple pour citer la ville de toulouse, je connaisse un moniteur qui exerce depuis la fin des années 80 sans avoir connu un seul contrôle pédagogique ni une seule remise à niveau de ses connaissances ! Il est temps d'ouvrir les yeux sur ce métier qui je te le confirme est très intéressant et enrichissant d'un point de vue humain, mais va t-on le laisser pourrir par manque de franchise et sous prétexte qu'une minorité de moniteurs se sentant "satisfait" dans leur auto-écoles (ceci étant l'exception qui confirme la règle...), allons-nous ignorer les difficultés de nos collègues. En ce qui me concerne , je préfère agir, tu n'es pas à l'abri que ton auto-école puisse fermer pour raison X ou autres, et si demain tu es amenés à bosser dans un de ces établissements souillés tu seras bien heureux d'être écouté voire aidé. Mais si tu désires argumenter d'avantage ta position se sera avec plaisir que j'aurais à échanger nos points de vue.
Cordialement.
Marc le mono.

Monday, August 07, 2006

La légende de l'examen de conduite
(partie 1)


Le mythe de l'examen de conduite. J'ai entendu beaucoup de choses à ce propos depuis que j'ai débuté dans le métier. La première ? le permis négocié avec l'accord du moniteur, de l'inspecteur et parfois de l'élève ! . Je vais être franc je ne l'ai jamais vu directement, je ne peux donc pas le certifier, ce dont je suis sûr c'est que certaines discussions entraînent certaines décisions...Mais attention, je parle des directeurs pédagogiques, les employés eux-mêmes, je n'en sais rien. Bien entendu la décision peut s'avérer positive comme négative tout dépend de l'intérêt de chacun. Les élèves d'une auto-école représentent un capital, certains de part leurs difficultés et donc l'extrême durée de leur formation deviennent un fond de commerce. Il est parfois judicieux de se dire que trop vider les auto-écoles par trop de réussites aux examens peut-être dangereux pour la survie du commerce. Oui , vous m'avez bien lu, c'est un commerce selon les propres termes des divers dirigeants que j'ai pu cotoyer...

La tristesse et le désarroi sont bien les seuls mots pour qualifier ma situation. C'est bien seul que je mène ce combat sans qu'aucun de mes collègues n'aient le courage de se ralier à mes côtés. Sans doute est-ce l'époque qui veut ça, chacun regarde ses propres intérêts, c'est pourquoi mon prochain message dénoncera le nom des auto-écoles susceptibles d'agir de façon malsaine pour la profession. A bon entendeur...

Saturday, July 22, 2006

J'ai eu une discussion avec un collègue, celui-ci me confia combien il était las moralement d'enchainer heures sur heures, avec un court répis d'une heure entre midi et treize, il lui arrive même de somnoler lors des leçons, et bien entendu la fin de journée ne représente pas grand chose d'un point de vue pédagogique à l'élève vu l'état de fatigue de son moniteur. Cette situation je la connais, certains pourront sourire à mes propos mais c'est une fatigue non pas physique mais nerveuse, mobiliser son attention, son anticipation, gérer son stress face aux autres conducteurs particulièrement peu tolérants à notre égard. Je ne cherche pas à faire pleurer l'opinion sur notre sort, certes beaucoup de professions connaissent des conditions nettement plus rudes, est-ce pour autant une référence que de tomber dans les extrêmes. De plus je considère avant tout assurer ma sécurité et celle de l'élève, et ces dans ces moments de baisse de régime que je suis inquiet pour ma vie, les choses arrivent si vite, j'ai vu des accidents terribles survenir en une fraction de seconde. Je ne veux pas non plus dresser un tableau fatal, mais j'ai par exemple exercer la profession de télé-prospecteur pour une société d'assurance. Notre temps de travail ne dépassait jamais 6 heures, de plus durant ces 6 heures nous avions une pause. Pourquoi un tel aménagement d'horaires, tout simplement parce que la société considérait que rester coller aux téléphones plus de 6 heures par jour n'aurait rien donné en terme d'efficacité et de professionnalisme. Pourtant avouez que le risque de cumuler autant d'heures qu'un moniteur n'aura comme effet que de l'impatience et une mauvaise écoute avec le client. La société voulait préserver ses employés afin d'assurer sa rentabilité. Les auto-écoles elles préfèrent, du moins les directeurs d'auto-écoles préfèrent additionner le plus d'heures possibles, peu importe si elles sont efficaces, peu importe si le mono se contente d'indiquer les directions et de faire une leçon taxi, le but c'est simplement faire de l'argent. Après ça les gens se plaignent de leur mauvaise formation, mais vous savez désormais comment fonctionnent les auto-écoles. Renseignez-vous sur le turn over des auto-écoles, à force de presser ses employés comme des citrons pour en extraire jusque au dernier jus, on finit comme un légume qui ne finit par dire que : "à droite, à gauche"! .

Ce texte fut expédié à un grand nombre de rédactions nationales, sans aucune réactions bien entendu, ce qu'il faut donc en déduire ?! Les gens se foutent de la profession des moniteurs d'auto-école, ce qui les intéresse c'est passer le permis, vite, pour pas cher, avec peu d'heures, et si possible avec un peu de pédagogie. Bon ben courage à tous mes collègues c'est pas gagné !...

Voilà plusieurs mois que je m’évertue à défendre mes propos concernant les auto-écoles. Force est de constater que le bilan que je dresse ne semble pas suffisamment appétissant pour les diverses rédactions que j’ai contacté ces derniers temps. Certes la coupe du monde y est pour beaucoup mais ce fut surtout la remarque d’un responsable de la sécurité routière qui me mit la puce à l’oreille. En effet, celui-ci m’a gentiment conseillé d’éviter les sujets délicats si je désirais paisiblement perdurer dans la profession. Sans pour autant vouloir dramatiser la situation ceci m’incita malgré tout à vous transmettre ce mail.
Voilà 5 ans que j’exerce la profession de moniteur d’auto-école, et en dépit des chiffres, une grande majorité de la population est vouée à me rencontrer; pourtant personne mais vraiment personne n’est sensibilisé aux aléas de ce métier. Entrons tout de suite dans le vif. Au début de ma carrière tout motivé que j’étais à l’idée d’enseigner, j’ai pu constater à quel point il me fallait de l’endurance pour enchaîner les heures de conduite quasiment non-stop de 8 h à midi et de 13 h à 19 h voire 20 h. Cela ne vous parait peut-être pas exceptionnel mais j’ai réalisé parfois jusqu’à plus de 200 h par mois avec pour seul récompense un salaire de 900 euros et petit détail, sans RTT. Ayant travaillé à Mac Donald’s pourtant fortement décrié, j’ai toujours eu rétribution de mes heures supplémentaires. Cette fois ce patron là n’eu pas le même geste, en effet la convention collective des métiers de l’automobile donnait soit disant libre cours au gérant. Combien sont-ils dans mon cas? Énormément. La convention collective remaniée essentiellement par les dirigeants d’auto-école qui par la même occasion constituent la majorité au syndicat est une gigantesque farce au service du profit. Voyez le tarif des auto-écoles libéré depuis la fin des années 70, aujourd’hui un permis se négocie comme on achète un frigo, ce au détriment de la pédagogie qui à mon sens demeure l’essentiel, et sous les prix planchers fièrement affichés, on y découvre des surplus non négligeables. J’ai par exemple vu des directeurs proposer un forfait 20 h à 500 euros (-à ce sujet les 20 h sont instaurés depuis les années 80, nous sommes en 2006, le trafic routier évolue mais il faut semblerait-il, hypocritement jongler sur cette broutille-) l’élève donc dépassant systématiquement le forfait et c’est compréhensible se retrouve avec des heures hors forfait facturées 45 euros l’unité. Notez au passage que les moniteurs eux sont toujours payés au même tarif pitoyable, après tout tant qu’à faire des affaires! Et les fameuses 20 h heures que certaines secrétaires falsifient en rajoutant des heures fictives et inégales, « accessoirement ». Sachez de plus que plusieurs de mes collègues ont obtenus leur diplôme dans les années 70 sans jamais connaître un seul stage de remise à niveau ni aucun contrôle pédagogique qui pourtant sont une des tâches à effectuer par les inspecteurs de conduite. Et ce genre d’anecdotes, j’en ai à mon grand désarroi trop à raconter, serez vous y être sensible, ne s’agit-il pas de la sécurité de chacun, et si demain je prenais votre enfant au volant, sachant qu’au fil des années laminés par ce système je formerai votre progéniture façon discount qu’en diriez vous… Telle est la réalité des auto-écoles et je pense qu’il est de mon devoir de sensibiliser l’opinion mais aussi les pouvoirs publics sur un des domaines les plus importants de la sécurité routière. Parole d’un moniteur usé mais passionné!

Tuesday, July 18, 2006

J'ai à plusieurs reprises consulté des forums de discussions sur les auto-écoles. Force est de constater la triste réputation qu'offrent ces dernières...Je ne peux malheureusement que confirmer certains de ces dires...Mais en même temps si beaucoup de moniteurs aigris par leur fonction enfoncent la profession, la grande majorité subissent une politique racoleuse que cultivent les patrons des établissements. J'ai bossé 4 ans dans une auto-école près de Cahors, je faisais jusqu'à plus de 200 heures par mois sans paiement des heures supplémentaires ni rtt. Mon salaire de fin de mois étais de 900 euros. Cela n'empêche pas les patrons d'exiger des résultats aux examens, des formations courtes et complètes pour satisfaire non pas l'élève mais le client, nuance!...J'étais pourtant si motivé à l'idée d'exercer ce métier, avoir un titre certes modeste mais néanmoins la mission est d'enseigner, de transmettre et au final se réjouir de la réussite de ses élèves mais également le soulagement de les voir toujours en vie au volant, après 8 mois de permis. Mais de telles conditions de travail m'ont transformé au bout de 7 ans en un moniteur dépité, découragé, par les élèves, les directeurs pédagogiques mais aussi les pouvoirs publics. Aujourd'hui ma position est celle de la revendication et je compte bien faire entendre mon dégoût!

Friday, July 14, 2006

je me présente


Salut tout le monde et soyez les bienvenus sur ce blog des "monos en colère!". Pourquoi en colère? car c'est un quotidien usant, déprimant, stressant (et j'en passe!) que je m'en vais vous conter au fil des jours, des mois et des années...Régalez-vous...